Egoblog

mercredi 9 novembre 2005

Ouh Macumba !

En sortant de ma séance chez le psy, la question m'est apparue dans sa brutalité. Il faut dire que le Docteur S. a essayé tant bien que mal de me convaincre que la vie avait un sens (J'ai dit qu'elle n'a qu'un cours ; elle se déroule, des trucs et d'autres se passent), que faute d'y arriver, elle m'a proposé un nouveau rendez-vous la semaine prochaine ; que, dans mon indolence coupable, je me suis empressé d'accepter.

maderJe marchais, donc, sur le trottoir des chiffres pairs de la rue Caulaincourt, m'imposant un debriefing de cette demi-heure carrément onéreuse (c'est pas demain la veille que les psys iront brûler des bagnoles dans les banlieues du neuf cube) quand l'explosion de neurones s'est produit, et que mon cerveau a accouché de cette interrogation essentielle : que devient Jean-Pierre Mader ? Rapidement prolongée par la question subséquente : comment se réinsérer quand on a chanté "Ouh Macumba, elle danse tous les soirs" ?

Depuis, je ne cesse d'y penser. Le gars Mader, peut-être bien qu'il fait des sauces (ah ah) dans un restaurant de Juvisy, à moins qu'il ne concocte des cocktails pour les dockers du port qui ne pensent qu'à boire. Dans un port, pour sûr. Ou alors, si ça se trouve, il s'est reconverti dans la perruque de luxe à destination des millionnaires multi-divorcées de la côte Ouest (américaine, of course). Non, sérieux, quelqu'un a des news de Jean-Pierre Mader ? Peut-on être (autre chose qu'un-moins-que-rien anonyme) quand on a été (un-pas-grand-chose connu du grand public) ?

Jean-Pierre, dis-moi, qu'as-tu fait de ton avenir ?

mardi 1 novembre 2005

La dame du divan

psyJe suis retourné voir un psy depuis trois semaines. Les psys et moi, c'est un peu comme le permis de conduire : on a un long vécu commun. Petit déjà (vers quatre ans), je fréquentais cette engeance pour des raisons que j'ai oubliées, à moins que je ne souhaite tout simplement pas m'y attarder. J'y suis retourné à 16 ans, à l'âge des premières interrogations sévèrement existentielles. Un interlude express vers 22 ans (je suis resté deux mois, c'était un homme. Beurk !) puis un plus long passage sur le coup des 28 ans pour envisager, sous toutes ses coutures, les aléas de ma vie sexuelle (mais pas seulement).

Pendant que j'étais malade, un psychologue venait me voir deux fois par semaine dans ma chambre d'hôpital, mais ça ne compte pas. J'acceptais de le rencontrer moins pour ses compétences que pour passer le temps et le plaisir de le passer avec quelqu'un d'autorisé à rentrer dans une chambre stérile. Le psy de La Pitié n'était pas exactement un incapable, mais avec son masque qui lui recouvrait la moitié du visage et sa blouse trop grande pour lui, je ne l'ai jamais vraiment pris au sérieux. En plus il était aveugle, et comme j'ai la manie idiote de ponctuer bon nombre de mes phrases par un "Vous voyez ce que je veux dire ?" du plus facheux effet, il a probablement du penser que je me foutais de sa gueule. Et puis, je n'aime pas du tout les psys hommes, ça me bloque.

Cette introduction nous amène tout droit dans le cabinet du Docteur S., une psychiatre qui présente le mérite non négligeable, outre qu'elle est une femme, d'exercer à deux cent mètres de chez moi. Les trois premières séances se sont bien passées : je suis toujours aussi déprimé, mais je ne culpabilise plus. Je suis à peine moins apathique, mais je trouve ça très bien. J'aime beaucoup le Docteur S.

La dernière séance a toutefois été le prétexte d'un premier désaccord exprimé. Je lui ai dit en substance que "tout ça n'ayant globalement aucun sens, j'avais envie de retrouver ce qui m'animait avant : une logique de plaisir et de jouissance". Comme elle ne comprenait pas, j'ai continué en décrétant que construire (une carrière, un couple, une maison, un projet) me semblait plutôt frappé au coin du bon... sens, mais totalement vain. Et que partant, rien ne valait le plaisir qu'on était capable de prendre et le bien que l'on pouvait se faire. Elle m'a dit que c'était précisément là-dessus qu'il fallait que je travaille, qu'on ne pouvait pas décemment vivre une vie entière en pensant que cela n'avait pas de sens, et que c'était mon job de lui en trouver un ou plusieurs (de sens). Je résume grossièrement, mais l'idée y est.

Je suis sorti de là un peu contrarié.


PS : c'est la fête des morts, aujourd'hui demain. L'association des deux termes m'a toujours fait marrer.