Egoblog

lundi 21 juillet 2008

Watchmen - Les Gardiens : BA version française

Watchmen - Les Gardiens : BA version française

P'tin Watchmen, le film. Des années que j'attendais ce moment.

jeudi 11 janvier 2007

Cinq choses que vous allez savoir sur moi

Avant, je trouvais ça con les jeux de blogueurs. Maintenant, je trouve ça toujours con, mais j'y réponds.

Et comme Benoit menace de vomir dans ma salle de bains lors de sa prochaine cuite parisienne, j'y réponds avec encore plus d'allant.

Manière aussi de confirmer à Benoit que je lis son blog avec une régularité d'horloger (au fond, ça sert à aussi à ça les jeux-à-la-con-qui-tournent).

1. Ma première séance chez le psy ? A l'âge de 4 ans.
Je me cognais la tête contre les murs et me coinçais le zizi dans la braguette. Aujourd'hui, quand j'ai envie de me faire du mal, je regarde Public Sénat pendant trois heures d'affilée. Moins violent.

2. Vers mes 17 ans, je me suis tapé un trip mystique. J'ai même mangé casher pendant quelques mois. Ma mère a arrêté de foutre des lardons dans la salade et du jambon dans les omelettes. Mon père bouffait du jambon cru en cachette. Au bout de quelques mois, j'ai craqué : le sausisson sec, c'est une tuerie. Et de toutes façons, Dieu n'existe pas.

3. Longtemps, j'ai posé des questions idiotes à mes contemporains (ainsi qu'à moi-même quand mes contemporains se lassaient) : "si un de tes parents doit mourir, tu préfères que ce soit ton père ou ta mère ?", "Tu préférerais vivre sans bras ou sans jambes ?", "Tu préfererais être pendu ou électrocuté ?"... etc. J'ai très peur de la souffrance physique, je suis obsédé par la mort. Si, je vous jure.

4. Quand je tiens vraiment à ce que quelque chose arrive (une femme dans ma vie, un ami qui guérit, un projet qui réussit...), je suis capable de me lancer des paris aussi idiots que les interrogations de ma révélation précédente : du genre, si j'arrive à jongler 20 fois de suite avec cette balle en mousse, c'est sûr que je serai marié avant 30 ans et que j'aurai un gamin dans les cinq ans qui suivent. Gamin, moi-même, je suis.

5. Ma première expérience sexuelle ? Avec une copine lesbienne.
Elle aimait ma corps gracile et mon torse résolument imberbe. Je ne savais pas quoi faire, elle a tout géré. L'expérience fut proprement lamentable.

lundi 1 janvier 2007

2007, blog encore vivant

Mais comme d'hab, je ne m'imposerai aucune contrainte de périodicité. Rien de plus ennuyeux que les blogueurs (sauf Cuné, mais Cuné est graphodingomane) qui s'astreignent à une publication quotidienne. A force, on sent son petit devoir du jour assorti au mieux d'un manque de spontanéité, au pire d'un manque d'envie.

Bon, c'est facile d'écrire ça quand on pond une note quinzomadaire.
Dans les bonnes quinzaines.
Mais de la même manière que je n'ai pas envie de fermer ces carnets, je n'ai pas plus l'intention de devenir un parangon de régularité.
C'est casse-couilles, la régularité.

Pour 2007, pas de résolutions en ce qui me concerne, juste quelques envies énoncées en vrac :

- Arriver à être bon dans mon taf sans stresser ni bosser plus de 40 heures par semaine (dur, mais jouable)
- Sortir "mes cassettes d'hôpital" du faux-plafond où je les ai barricadées. Elles sont la mémoire vive de ma maladie, et je m'étais promis de les coucher un jour sur clavier. Je crois que je ne suis pas loin de me sentir prêt.
- Faire l'amour plus souvent qu'en 2006 (qui fut lui-même un meilleur cru que 2005)
- Redevenir super bon en anglais (je galère grave depuis mon retour à Yahoo!)
- Continuer à être un super papa aimant-drôle-un-peu-chiant
- En lancer un deuxième. Hum... En 2007 ? Si tôt. Alors que Romane commence à peine à être indépendante et dormir jusqu'a 8h30 les jours de week-end ?
- Ouais, en lancer un deuxième.
- Continuer d'arrêter de fumer. J'avais promis à LN que j'arrêterais avant la fin 2006. Je ne suis pas mesquin : j'ai arrêté le 26. A propos de la cigarette, j'ai toujours été très partagé : j'adore fumer, et j'ai envie de mourir dans très, très longtemps. Il faudrait inventer des clopes qui vous font vivre plus longtemps ; et là, comme j'ai un esprit de contradiction hystériquement aiguisé et que défier la vie, c'est quand même moins rigolo que narguer la Faucheuse, je suis certain que ça me passerait l'envie de fumer.

Au passage, et très vite, je vous la souhaite bonne et surtout longue de 365 jours.

Cela sera toujours ça de gagné.

mercredi 29 novembre 2006

Bon alors donc... (bis)

Stef, telle Jean Grey au sommet de ses pouvoirs télékinésiques, m'a invité à prendre le relais.

1) Attrapez le livre le plus proche, allez à la page 18 et écrivez la 4ème ligne :
Le monde d'ici-bas n'est qu'un passage plein d'infortunes.

2) Sans vérifier, quelle heure est-il ?
23h30

3) Vérifiez :
23h32. J'ai une horloge dans la tête. Elle a toujours deux minutes de retard.

4) Que portez-vous ?
Jean, baskets, chemise sortie du jean, écharpe grise.

5) Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?
Mon voisin rencontré dans la cour alors que je fumais ma dernière cigarette de la journée.

6) Quel bruit entendez-vous à part celui de l'ordinateur ?
LN qui tapote sur son clavier dans la pièce d'à côté.

7) Quand êtes-vous sortie la dernière fois, qu'avez-vous fait ?
cf. question 5

8) Avez-vous rêvé cette nuit ?
Oui.

9) Quand avez-vous ri la dernière fois ?
En 1978. Jaune. Mario Kempes venait de ruiner les derniers espoirs des Hollandais en général, de Johnny Rep en particulier.
En vrai, c'était il y a une demi-heure quand j'ai montré à LN le billet qui précède celui-ci. Elle m'a dit : "Sous couvert de parler de moi, tu ne parles que de toi". Quand on parle des autres, anyway, on ne parle que de soi.

10) Qu'y a-t'il sur les murs de la pièce où vous êtes ?
Devant : une copie de La femme au chapeau orné de Picasso
Derrière : une litho choisie par Hélène. Un truc qui lui ressemble. Assez difficilement accessible, mais vraiment joli.
A gauche : les premiers émois picturaux de ma fille.
A droite : des rideaux bleus.

11) Si vous deveniez multimillionnaire dans la nuit, quelle est la première chose que vous achèteriez ?
Ca m'est arrivé en 1999 : une bagnole pour mon ex, un voyage aux Galapagos pour mes parents, une virée aux US avec ma soeur dans des hôtels délirants, l'appart de Lepic Street où je vis actuellement. J'étais célibataire et malheureux comme une pierre.

12) Quel est le dernier film que vous ayez vu ?
Little Miss Sunshine.

13) Avez-vous vu quelque chose d'étrange aujourd'hui ?
Pas vu, entendu. Romane a dit : "j'ai bobo à l'auriculaire".

14) Que pensez-vous de ce questionnaire ?
Il est idiot comme tous les questionnaires. J'ai envie de faire un truc idiot avant de me pieuter. Et puis c'est Stef qui a insisté.

15) Dites-nous quelque chose de vous que ne savons pas encore :
Un truc très honteux de préférence : j'ai voté pour la liste de BHL (L'Europe commence à Sarajevo) à je ne sais plus quelle élection européenne.

16) Quel serait le prénom de votre enfant si c'était une fille ?
C'est une fille. Romane. Ses deux autres prénoms : Deborah, Marie.

17) Quel serait le prénom de votre enfant si c'était un garçon ?
J'aime bien Ben, Achille ou Nathan. Hélène n'aime que des prénoms que je n'aime pas. On n'aura jamais de garçons.

18) Avez-vous déjà pensé à vivre à l'étranger ?
J'y ai vécu sans même y penser (Londres : pendant cinq mois). Je ne suis pas patriote à l'excès, mais bien trop casanier pour vivre ailleurs qu'en France, de préférence à Paris, et si possible dans le 18e arrondissement.

19) Que voudriez-vous que Dieu vous dise lorsque vous franchirez les portes du paradis ?
Je pensais que tu viendrais beaucoup plus tôt.

20) Si vous pouviez changer quelque chose dans le monde en dehors de la culpabilité et la politique, que changeriez-vous ?
Le XVe arrondissement. Je le rendrais à la banlieue.
Et puis aussi les trackbacks. Je trouve ça con les trackbacks.

21) Aimez-vous danser ?
Non. Je ne sais pas danser, donc je n'aime pas danser. Et puis je suis contre l'effort physique.
Quand j'ai vraiment trop bu, je danse très bien. Et du coup, j'aime bien danser. Et comme par enchantement, je redécouvre les vertus de l'effort physique.

22) Georges Bush ?
A battu Gore. Gore.
A battu Kerry. Gore aussi.

23) Quelle est la dernière chose que vous ayez regardée à la télévision ?
Dora l'exploratrice. Un vieillard acariatre a jeté un sort à une troupe de baladins fort sympathiques qui jouaient très mal d'un tas d'instruments à cordes, à vent, à percussions. Le sort était pervers (malin, le vieux) : il fallait jouer de la musique pour réveiller les instruments tous endormis. Heureusement Dora est arrivée...

24) Quelles sont les quatre personnes qui doivent prendre le relais sur leur blog ?
Je veux bien répondres à des trucs idiots, mais je n'assume pas de faire quatre victimes. Une ? Allez une. Cuné.

mardi 28 novembre 2006

Aimer, être aimé, ce genre de choses...

LN n'a pas assez confiance en elle pour penser qu'on peut l'aimer pour ce qu'elle est. Sauf avec moi, ce qui sauve bien des situations...

Elle justifie son existence en rendant celle des autres plus fluide, moins compliquée. Chaque service qu'elle rend, et ce sont quelques grammes de confiance qui se gagnent, et seront perdus le lendemain. C'est Sisyphe sans l'effort physique ; ma danaïde et son tonneau de complexes hérités d'une enfance imparfaite.

Moi, je m'aime plutôt bien, et je jauge mon utilité moins à l'aune des services que je peux rendre qu'à la quantité et à la qualité d'amour que je suis capable de donner.

Si vous m'aimez, cela m'ira à ravir, si vous ne m'aimez pas, je m'en remettrai en deux temps, trois mouvements. Sauf si votre désamour vient éclore sur les ruines de blessures mal soignées et/ou que je vous ai un jour un peu, beaucoup ou passionnément aimé.

Si vous ne m'aimez pas, en gros, je ne m'en remets pas.

jeudi 19 octobre 2006

Rajeuni dans Libé

C'est la troisième fois en dix ans que je suis cité dans Libé.

La première, c'était en 1997 : j'avais été interviewé sur la question du "cul sur Internet". C'était marrant.

La deuxième, deux ans plus tard : j'étais ponctuellement intervenu sur la réalisation de feu le supplément Sciences.

La troisième, c'est ce matin : j'affiche deux années de moins au compteur (je me demandais pourquoi le journaliste m'avait demandé mon âge. La réponse : juste pour le plaisir de pondre une coquille), et mes propos sont repris dans le centième de leur intégralité. L'article, un compte-rendu ambiance sans grande originalité, n'en est pas moins assez équilibré et fidèle à ce que j'ai retenu de la soirée.

Vu l'état de Libération, je subodore qu'il n'y aura jamais de quatrième.

mardi 3 octobre 2006

Staying Alive

Je suis vivant, en bonne santé, n'ai pas de coup de pompe bloguesque ou d'états d'âme qui m'affligent. Si vous saviez : j'ai même une espèce de billet dormant qui recense tous les sujets de billet que je pourrais écrire... si j'avais le temps.

Le boulot, la famille, la vie sociale, la campagne interne du PS (DSK, c'est mon choix) : les journées sont longues, les nuits plus courtes et mon désir d'avenir (pouah !) ressemble à s'y méprendre à une semaine de farniente sur une plage abandonnée.

A (très ?) bientôt.

mardi 26 septembre 2006

Et c'est le temps qui court...

Il y a quelques jours, j'étais sur le point de pondre un billet pour expliquer une équation bizarroïde qui venait de me botter l'arrière-train non sans une certaine prévenance et pénétrer mon cerveau en lui procurant une satisfaction intense : je découvrai alors avec délices que plus je faisais de choses, plus je trouvais le temps de faire d'autres choses.

imageTravailler, profiter de ma fille, de ma compagne, voir mes amis, lire, bloguer, participer à des cocktails littéraires avec des écrivains médiocres, mettre le feu sur la mailing-list de la section pour expliquer que DSK est quand même vachement mieux que Ségolène, partir en week-end : dans une espèce de miracle chaque jour renouvelé (enfin, chaque jour pendant... onze jours), j'arrivais à cumuler sans l'ombre d'une difficulté. Mieux, j'aimais ça et je trouvais que ma nouvelle vie avait bien des attraits. L'action appelait l'action, point n'était nécessaire de douter.

Je préparais un début d'essai sur le temps qui s'étire, sur ces 1440 minutes quotidiennes qui n'ont pas la même valeur selon qu'on les utilise à s'affairer ou à copieusement s'ennuyer. J'étais comme une balle, bondissante entre les différents recoins de ma vie, et...

Et... je me suis assez rapidement épuisé.

J'avais oublié que je suis né fainéant et que l'hyperactivité m'use en grosso modo onze jours. L'idée que chaque minute doit être utilisée à quelque chose de constructif nécessitant une appétence particulière et une énergie associée est proprement insoutenable. J'ai absolument besoin de ne rien foutre au moins une ou deux heures par jour : paresser devant un écran, lire Libé et L'Equipe, faire une sieste rapide, réfléchir dans mon bain, penser à panser quelques ecchymoses existentielles, faire un tas de trucs absolument inutiles et indispensables (à titre d'exemple, je me suis récemment mis à jouer au solitaire sur mon téléphone portable, c'est pas loin d'être le nirvana).

Et mon équation de se transformer : plus je fais des choses, plus j'ai envie de faire d'autres choses mais surtout de me reposer !

mardi 19 septembre 2006

Mon blog me fait la tronche...

... parce que j'ai oublié de lui souffler sa première bougie.

Inaccessible pendant deux jours (suite à un égarement technique dont je suis largement responsable), impénétrable, réfractaire à toute tentative de mise à jour, il s'est déridé ce matin lors même que je me repentais de cette négligence coupable.

Les commémorations et les anniversaires, c'est pas trop mon truc. Tout au plus admettrais-je mon étonnement d'avoir tenu un an. Il y a bien eu des moments d'hésitation, des pauses plus ou moins longues, des fléchissements et des remises en question, des vacances d'égotisme et d'intimité, mais grosso modo je tiens bon la barre.

Me relire me donne une mesure du temps qui passe, mais pas seulement. Le temps a passé certes, mais c'est son boulot, et il fait ça très bien. Avec une constance qui l'honore et nous flétrit irrémissiblement. Ma vie a changé aussi : le convalescent dépressif a retrouvé un début d'équilibre et son oisiveté chronique a cédé la place à une hyperactivité réjouissante à bien des égards, douloureuse à d'autres.

J'y reviendrai, et j'espère vous donner rendez-vous en septembre 2007.

mardi 12 septembre 2006

Chevilles enflées, mode d'emploi

J'ai reçu hier soir le mail suivant.

Bonjour,

Je m'appelle XXX, je travaille chez YYY, agence de marketing-alternatif.

Nous explorons de nouvelles formes de communication mettant le consommateur au centre de nos dispositifs. Dans ce cadre, les blogs sont pour nous une véritable alternative aux médias traditionnels.

Après plusieurs missions pour nos clients, nous avons décidé de développer notre démarche en créant le site BaBeBiBoBu sur lequel nous proposons aux blogueurs de s'inscrire pour avoir accès à des exclusivités (infos, soirées, test de produits) comme n'importe quel journaliste.

Nous travaillons actuellement sur la sortie du nouveau roman de ZZZ. Dans ce cadre, nous organisons une rencontre exclusive entre l'auteur et une sélection de blogueurs.

Cette rencontre aura lieu chez son éditeur, VVVVVV, jeudi 14 septembre à 20h30.

Vous repartirez avec le roman, 3 semaines avant sa sortie officielle (comme les journalistes).

Le contenu et la qualité de votre blog ayant retenu mon attention je voudrai savoir si vous étiez intéressé et disponible pour cette soirée.

Dans tous les cas, dites moi ce que vous pensez de notre démarche.

A bientôt

XXX

Dans tous les cas, je ne sais pas encore très bien ce que je pense de cette démarche. J'ai répondu que j'étais intéressé par l'invitation, autant par curiosité que par satisfaction narcissique d'avoir été "sélectionné". Et puis quoi, c'est quand même une consécration d'être "placé au centre d'un dispositif" (juste une question : est-ce que ça fait mal ?). L'auteur en question - dont j'ai lu un livre plaisant, mais finalement très oubliable - ne m'inspire ni sympathie ni antipathie particulière : une sorte de neutralité bienveillante. De là à lui faire la moindre publicité, j'ai un gros doute...

En résumé, j'irai me joindre aux happy few jeudi soir, j'espère que le buffet sera bon et je rendrai compte de ma soirée si cela me parait assez amusant à rapporter.

Pour finir, je trouve très discutable d'envisager les blogs comme une "véritable alternative aux médias traditionnels". Au mieux, je veux bien admettre qu'ils puissent être complémentaires des médias traditionnels (quoiqu'avec mes 350 pages vues quotidiennes, ce n'est pas moi qui vais concurrencer "Lire" ni booster le marché de l'édition en France !). Mais une alternative.... Soyons sérieux. Les blogueurs sont les directeurs de publication de leur blog, that's all folks. Parfois prescripteurs, j'en conviens (surtout quand leurs blogs sont spécialisés, ce qui n'est pas le cas du mien), mais une alternative crédible au boulot des journalistes, non. Cette manie de les mettre en concurrence (tout en laissant entendre que nous, blogueurs, jouirons du privilège insensé d'être traités comme eux, journalistes) est excessive, pour ne pas dire agaçante.

PS : XXX, si vous me lisez (et vous dites me lire), c'est Cuné qu'il faut inviter. C'est une lectrice d'envergure mondiale quand moi je me contente de déchiffrer, non sans difficultés, quelques feuillets quotidiens.

vendredi 1 septembre 2006

Tribulations d'un vidéaste amateur


C'est moi. C'est moi. C'est moi.

Et c'est la dernière fois !

samedi 19 août 2006

Denis

Ca fait très longtemps que j'ai envie de parler de Denis, mais tout aussi longtemps que j'éprouve la sensation de ne jamais trouver les mots pour parler de l'amitié qui nous lie.

Denis est plus qu'un ami, c'est un peu le grand frère que j'aurais aimé avoir, et que j'ai passé du temps à rechercher. Au hit parade des grands frères de substitution, il est de loin mon frère préféré. Je ne le vois pas très souvent (une fois tous les deux mois, environ), on s'appelle encore moins : plus encore que moi, il déteste les conversations téléphoniques. Mais à chaque fois que nous nous rencontrons, c'est une espèce de symphonie euphorique à la gloire de Bacchus, des zygomatiques enfiévrés et du temps qui file sans jamais peser.

Denis est intelligent, cultivé, drôle, attentif, réservé, pudique, amoureux des livres, du bon bordeaux et des jolies femmes. Comme moi, il est dingue de foot et de politique. Comme moi encore, il n'aime rien tant que les échanges à deux voix, seuls garants d'une réelle intimité. Comme moi enfin, c'est un affectif tactile qui n'aime pas grand monde, mais qui déborde d'amour quand il aime.

J'ai connu Denis en 1997, il avait alors l'âge que j'ai aujourd'hui, et notre premier face à face s'est déroulé dans des circonstances mi-professionnelles, mi-cocasses. J'avais postulé pour bosser à Yahoo! France, et Denis, qui en était à cette époque le dirigeant, m'avait proposé un entretien pour un poste à plein temps. Sous le coup de l'enthousiasme, j'avais répondu positivement à son invitation, mais avait été pris de remords foudroyants immédiatement après avoir raccroché. C'est que j'aimais alors trop écrire pour mettre fin à ma jeune et fragile carrière de journaliste indépendant, et qu'il n'était pas vraiment concevable de m'enraciner dans une société certes excitante, mais au sein de laquelle il n'y aurait plus rien à écrire, plus aucun documentaire à tourner. La sécurité de l'emploi avait des vertus non négligables, mais j'étais trop jeune, trop réfractaire à l'autorité, trop épris de liberté pour rentrer dans le moule des horaires fixes et des liens de subordination par nature oppressants.

Ne sachant trop comment me tirer de cette situation épineuse, je décidai de venir à l'entretien... avec un ami : un intello fainéant et livreur de pizzas. Là où Denis attendait de voir en entretien un mec pour un plein temps, je lui amènerais mon pote et lui proposerais deux mi-temps. J'avais pleine conscience du côté hasardeux de mon entreprise, et m'attendais à être renvoyé dans mes pénates aussitôt la situation exposée. En fait de quoi, Denis nous reçut tous les deux avec ce sourire flegmatique que je lui connais désormais si bien, et me recruta sans coup férir (et à mi-temps) quelques jours après. Mon ami, lui, fut recruté six mois plus tard après que j'ai menacé de démissionner en brûlant la boutique, de démettre une épaule à mon bienaimé chef puis de me jeter sous les rames de la ligne 13.

Avec Denis, la vie en entreprise était toujours riche en rebondissements : tournois de foot dans le couloir, interdiction de venir avant dix heures, recrutement des managers par leurs futurs subordonnés, pizza-parties à toute heure du jour et de la nuit, obligation de jouer au baby-foot au moins un quart d'heure par jour sous peine d'être mis à l'amende. J'exagère à peine.

Et la maison-mère américaine de s'extasier devant les résultats florissants de la jeune filiale française. Car cela marchait !

Après six mois à Yahoo! (nous étions alors début 1998), j'ai eu coup sur coup deux opportunités exceptionnelles liées à l'imminence de la Coupe du monde de foot, en France. Un supplément à l'Equipe Magazine où on me proposait la rédaction en chef adjointe et un documentaire sur Raymond Kopa (ancienne gloire du foot français), pour Canal Plus, dont on me proposait l'écriture. Je suis allé voir Denis, bien embété, lui ai dit qu'il s'agissait là de deux opportunités impossibles à refuser, que j'envisageais donc sérieusement de quitter Yahoo! même si cela me coûtait. Nous n'étions pas encore les amis que nous sommes devenus aujourd'hui, et je n'attendais pas grand chose d'autre de sa part qu'un sourire contrit.

J'ai eu droit au sourire contrit, mais aussi à l'incroyable proposition suivante : "Ari, tu fais tes deux trucs, c'est important ; et pendant toute la durée (NDLA : six mois à peu près) de ce boulot annexe, tu viens à Yahoo! quand tu peux, quand tu veux, aussi souvent que possible... dans la mesure de ce qui est possible". Pffffffiou, un tel élan de confiance et de compréhension, ça m'a liquidé sur place. Et pendant six mois, je suis venu à Yahoo! les soirs, les week-ends, les quelques jours de semaine ou j'étais disponible, éperdu de gratitude et d'amour (j'ose le mot) pour cet extra-terrestre charismatique.

A la fin 99, Denis a quitté Yahoo! et s'est reconverti dans la restauration et le négoce de vins. Le journalisme ne m'énivrait plus comme avant, j'avais fini par passer à plein temps. Nous étions quelques uns, anciens de la maison, gardiens du temple et de l'héritage laissé par Denis. Mais Yahoo! commencait de plus en plus à ressembler à une boîte normale, avec son cortège de "process" et de cols blancs amoureux de la discipline et des plans de restructuration. Affranchis par nos premières années de joyeux bordel organisé, on sentait bien que la roue était en train de tourner, et on a fini, les uns après les autres, par tous nous barrer.

J'avais perdu Yahoo!, mais j'ai gardé Denis. J'ai toujours eu du mal avec l'expression "meilleur ami". Je la trouve au mieux galvaudée, au pire légèrement décérébrée. J'ai du mal à concevoir qu'un ami soit meilleur qu'un autre tant il est vrai qu'un ami est déjà rare et infiniment précieux. Je préfère plutôt le bon mot que l'on doit à Montaigne quand on lui demandait pourquoi il aimait tant La Boétie.

Il répondait avec éclat : parce que c'était lui, parce que c'était moi.

PS : J'ai vu Denis hier, et nous avons passé une soirée énivrante à tous les sens du terme. Démarrée à 20h30 dans un chouette restau de Lepic Street, prolongée au Lux Bar, un bistro de la même rue que j'apprécie particulièrement. Denis m'emmène ensuite sur le haut de la Butte (Montmartre) pour me montrer la maison qu'il a visité virtuellement sur Internet et qu'il envisage d'acheter. On passe une heure dans Montmartre à tourner : Denis a oublié le nom de la rue. Il insiste, il est convaincu que cela va revenir, que rien ne sert de courir, que la vie et la nuit sont à nous, pochtrons hilares et fatigués. On tourne, on tourne sans jamais trouver et on atterrit dans un dernier bar où on s'interdit de refaire le monde (pas nous !) mais pas de le rêver tel qu'il ne sera jamais.

mercredi 16 août 2006

Rien de grave

En vrac...

J'ai trouvé du boulot. Je commence le 4 septembre, je suis stressé. Et content. Très content et très stressé. Après deux ans et demi d'inactivité, je me demande un peu si je vais y arriver. La Sécu, L'ANPE et les Assedic ont eu moins d'états d'âme qui m'ont chaudement félicité, et se sont réjoui de mettre fin à leur confortable mécénat.

Du coup, il est urgent de trouver une nounou pour aller chercher Romane à la crèche. Si tu es un être humain, que tu aimes les enfants, que tu vis à Paris ou proche banlieue et que tu es disponible du lundi au vendredi de 16h30 à 19h00, n'hésite pas à me contacter.

Sinon, j'ai enfin terminé la série des Pardaillan : près de quatre mille pages écrites en tout petit. Je me suis régalé. Du sous-Dumas, mais de belles et grandes pages, quand même. Je viens de faire mes courses sur Amazon : Ne le dis à personne d'Harlan Coben et Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes.

Bien le bonjour chez vous.

vendredi 11 août 2006

A mon père

Il m'en aura fallu du temps pour comprendre l'évidence.

Que j'arrête de bloguer au quotidien, soit. Je n'ai pas l'énergie ni l'inspiration suffisantes. Mais que j'arrête de bloguer tout court, sans préavis mais non sans regrets, c'est quelque chose que je n'arrivais pas à m'expliquer. Souvent dans la journée, il me venait une idée, une image, une sensation qui aurait pu se transformer en un billet joliment troussé. Qui aurait sûrement plu à mes quelques lecteurs et rassasié mon ego pour quelques heures ; ce qui est à la fois énorme et pas grand chose.

Et puis non, je n'y arrivais pas. Je n'y arrivais plus. L'inspiration et l'énergie étaient là, mais l'envie avait disparu. Ecrasée par le poids d'une angoisse nouvelle sur laquelle je n'arrivais pas à mettre de mots.

Ce blog, je l'ai créé pour des tas de raisons dont aucune ne m'appartient complètement puisque la clé de voute de ces carnets, leur pierre angulaire, c'est une certaine idée de la nudité, l'inaccessible ambition de la transparence, une exhibition assumée de mon intimité. Un échappatoire totalement impudique dans lequel j'arriverais tant bien que mal à me préserver.

Ce blog, donc, je l'ai créé au sortir d'une longue maladie, et ai longtemps cru que c'était son unique raison d'être : une sorte de nécessité post traumatique. Quoique sorti victorieux de la leucémie, j'étais psychologiquement laminé, perclus de crampes névrotiques, mal dans mes pompes et en rupture d'envies. Comme toute dépression qui se repecte, cette dernière a fini par prendre la tangente, et j'ai - pardonnez-moi le cliché - repris goût à la vie. Je continue de trimbaler un fond de déprime structurelle, mais ni plus ni moins qu'avant la maladie. J'étais un mec fragile, doutant de tout et de moi surtout, terrorisé par la mort et accablé par l'absence d'un ou de plusieurs sens évidents à nos existences. Tout ça, je le suis resté.

Ce blog, je ne pensais pas l'avoir créé pour d'autres raisons, et je me suis trompé.

Il y a une personne que j'aime sur cette terre, que j'aime sans aisance mais avec une force infinie. Cet homme - car c'est un homme -, j'aurais rêvé de partager une intimité avec lui, donné vingt ans de vie pour échanger mes peines, mes angoisses, mes joies, mes espoirs avec lui. Partager une intimité, parler de nous, de moi, de lui, de ce qui nous fait courir, souffrir, rire, danser, hurler, pleurer. Cet homme, c'est mon père, et j'avais rêvé d'accéder à son lui profond, comme j'aurais aimé qu'il n'ignore rien de moi. Je me suis construit contre cet homme, contre mon père. Il était enfermé dans ses citadelles, je serais ouvert à tous les vents. Il ne savait pas exprimer son amour, je saurais aimer comme personne. Il ne laissait aucune place aux affects, je serais un être humain trop humain. Il avait refusé mes avances deux fois faites (une fois quand j'allais être père, l'autre fois quand je suis tombé malade), je continuerais d'avancer.

Mon père n'est pas un monstre froid, loin s'en faut. Je me souviens au contraire d'un père omniprésent, joueur, amuseur, serviable, militant. Un homme fin et droit. Charismatique et impénétrable. Grand et enfermé. Dans ses propres murailles.

Je voulais qu'il lise ce blog puisqu'à défaut de le connaître un jour, je souhaitais qu'il me connût. Sans jamais me le dire (mais sans se cacher non plus), il l'a lu. J'avais un jour incidemment glissé que je commençais d'écrire quelque carnet sur le Web intitulé Egoblog, et il avait plongé. Il me lisait tous les jours, et j'ai fini par le démasquer après qu'il avait laissé quelques commentaires signés Cyranodeparis.

J'avais rêvé qu'il me lise, et pourtant, je ne l'ai pas supporté.

Ce soir, j'ai parlé avec mon père. Longtemps. Douloureusement. Pour lui et pour moi.

Il ne peut pas faire ni donner plus. Il est comme ça, et je l'aime ainsi. Contre les vents les plus violents et les marées les plus noires.

Et j'ai de nouveau envie d'écrire.

vendredi 28 avril 2006

Le fils de Cyrano

Je crois que cyranodeparis, qui commente certains de mes billets (dont le dernier), est mon père. Oui, mon père.

Ca collerait bien avec :

  • son fournisseur d'accès et le navigateur qu'il utilise ; accessibles depuis mes stats.
  • sa passion jamais démentie pour Cyrano de Bergerac (dont un exemplaire figure dans les toilettes depuis une bonne trentaine d'années).
  • son humour un peu décalé et son affection pour les calembours.
  • le ton "paternel" de son dernier commentaire
  • le fait que c'est un mec rigide, intelligent, secret et cool.

Je vous avais promis de la sincérité, un ego atrophié et des bonnes vieilles angoisses existentielles. Je n'avais pas songé que ce blog compterait également son lot de révélations familiales. Si mes déductions sont justes, je crois bien que je ne vais jamais m'en remettre.

MISE A JOUR

Evidemment, cette histoire m'agace un peu.

Mais bon, convenez que si c'est bien mon pater, il mérite bien le commentaire que j'écrivais récemment dans les colonnes d'un blog ami.

Pour me forger un avis définitif, j'ai relu tous les commentaires dudit cyrano présumé géniteur de votre serviteur, et je suis tombé sur celui-là qui prend un relief tout particulier compte tenu de ma récente découverte :

Je ne voudrais pas faire le rabat-joie mais les spécialistes de la petite enfance s'accordent pour considérer que ce n'est pas l'enfant qui donne du sens aux premiers mots qu'il articule mais que ce sont les parents et l'entourage qui rattachent ces mots à des objets ou des sujets.

Un ami m'avait expliqué cela quand, pour la première fois, mon fils m'avait appelé PAPA et, bien entendu, j'avais envoyé cet ami je-sais-tout se faire voir ailleurs et j'avais savouré mon bonheur.

En conséquence, je pars ailleurs et je t'invite, toi aussi, à savourer ces moments de bonheur.

Bon, cyrano, même si tu n'es pas mon père, je t'adopte quand même !


PS : Papa, ça fait longtemps que je voulais te le dire, mais le tableau accroché dans votre salon (tu sais, celui à droite de la cheminée) est vraiment horrible.