Egoblog

mercredi 3 mai 2006

Un prof de finance sympa, oxymore ou réalité ?

Au gré de mes lectures, je suis tombé sur le blog de Christophe Thibierge, qui fut mon professeur de finance dans une école de commerce où je me suis longtemps (trois ans) fourvoyé.

Christophe Thibierge, c'est le genre de mec qui serait capable de vous faire aimer la finance (enfin, presque...) à grand renfort de saillies drolatiques, de références littéraires et d'anecdotes lumineuses sur sa vie, son génie et son oeuvre. Je n'avais pas franchement de matière de prédilection à l'ESCP (A 17 ans, on n'est pas armé psychologiquement pour choisir une orientation convenable). Disons que la finance figurait en tête de liste de mes matières abhorées. Non seulement, je n'y comprenais rien, mais en plus, je n'avais rien envie d'y comprendre.

Sauf que j'aimais vraiment bien ce type de quelques années de plus que nous, qui ne se prenait jamais au sérieux, qui avait un look impossible de premier communiant (sauf quand il mettait sa tenue spéciale Jean-Converses ; seulement les grands jours), un humour dévastateur et une folle envie d'en découdre avec les fous furieux qui fréquentaient plus ou moins assidument les bancs de son école. Il me revient aujourd'hui l'image d'un étudiant déconfit, rouge comme une pivoine sous amphétamines, après que Christophe lui ait benoitement demandé avec cet air de ne pas y toucher si, comme la rumeur le disait, il était bien le chainon manquant (et enfin retrouvé) entre les derniers primates et l'homme. L'étudiant en question était un sale type arrogant et fier de lui, et ça nous avait bien fait marrer. Bon, c'est pas non plus du Desproges, mais ça nous changeait des ectoplasmes habituels qui croyaient dur comme fer que l'homme trouverait son salut dans le marketing, l'audit et les fusions-acquisitions.

Christophe, c'était le dilettante concerné. Le mec qui était là, mais qui aurait pu être ailleurs. Pas vraiment un imposteur (il avait l'air de comprendre ce qu'il disait), mais pour autant, nulle trace chez lui de ce sérieux et de cette rigidité propres aux enseignants de tout poil. Le gars était frondeur, mais en douceur. Romancier, mais à ses heures. Marathonien, et buveur. Et prof de finance peut-être par vocation, mais plus probablement par flemme et anti-conformisme (pas le genre à embrasser une carrière de yuppie ou à bosser plus de quarante heures par semaine).

Je découvre aujourd'hui son blog, et je retrouve le gars que j'ai connu : un sens inné de la dérision, une authentique qualité d'écriture et un questionnement constant sur le sens de la vie : de la sienne et de celle des autres. De ce qui nous anime et nous agite. Ma blogoliste, toute émoustillée, vient de trouver un précieux renfort.

Content de t'avoir retrouvé, amigo.


PS : c'est le deuxième Christophe dont je parle en deux jours. Mais celui-là ne me doit pas d'argent, et n'a surtout jamais prétendu à la vertu !

mercredi 8 février 2006

Radical (vraiment très) chic

RadicalJ'ai découvert il y a quelques semaines un blog qui n'en finit pas de me bluffer. C'est un blog très éloigné du mien. Rien de (très) personnel dans les propos de Guillermo, pas d'intrusions quotidiennes dans sa vie privée ni d'atermoiements sur un éventuel mal de vivre et la difficulté d'être. Juste (mais quel "juste" !) un regard précis et précieux sur l'actualité, des éditos magistraux qui n'ont rien à envier à leurs homologues de la presse payante. Une vision du monde.

Guillermo est de gauche. Ca se lit dans chaque ligne de sa prose. Pas d'une gauche rétrograde casse-couilles, pas d'une gauche primaire et vindicative, pas d'une gauche figée dans ses certitudes. Pas d'une gauche, enfin, ramollie par des années d'impuissance et de lendemains qui déchantent. Non, Guillermo, lui, il fait dans la classe internationale, le radical très, très chic.

D'abord, rien n'est gratuit dans ses textes. Ensuite, son militantisme pourtant affiché l'exclut d'emblée des discours partisans parce qu'il refuse les dogmes, les réflexions faciles et tout ce qui s'apparente de près ou de loin à un cliché. Qu'il traite des caricatures de Mahomet, du CPE ou de l'antisémitisme présumé de Chavez, Guillermo essaie (et c'est ce qui me botte le plus) de pousser la réflexion, la triturer, la stimuler, la chahuter aussi loin que son cortex cérébral le lui permet. Et le bougre a des neurones en bon état ! L'esprit critique et l'équilibre sont, de façon très claire, les deux mamelles du bonhomme. Rien n'est en trop, c'est éclairé et éclairant, jamais pontifiant ni donneur de leçons. C'est beau, c'est bon, et on se sent un peu plus intelligent après avoir lu ses textes.

Guillermo, président !


EDIT : attention, coincidence absolument énorme. Au moment même où j'écrivais ces mots, Guillermo se fendait d'un billet sur ma critique des Bronzés. Nous ne nous étions jamais parlés avant. P'tin, Guillermo, t'es mon ami pour la vie.

samedi 8 octobre 2005

Les inepties ébouriffantes de BabOOn

Je viens de faire la connaissance d'un blog merveilleux dont le principe tient en quelques mots : raconter une à une, avec force détails inutiles, les historiettes médiocres du quotidien.

Une citation valant souvent mieux que de longs discours, cela donne à peu près ça :

Je me suis fait un thé à l'orange et à la cardamome. Le breuvage étant très chaud, j'ai décidé d'attendre deux ou trois minutes avant de le boire. Quand je l'ai bu, il était à la bonne température.

Ou encore...

Durant plusieurs jours, je pensai avoir perdu l'un de mes couteaux de cuisine. Ce matin, alors que je déplaçais l'égouttoir à couverts, j'aperçus le manche de mon ustensile. Je fis immédiatement l'interprétation que si je récupérais ce manche, je retrouverais de facto le couteau. Tout bien considéré, c'est ce qui se produisit quand j'empoignai l'objet.

Cette mécanique des gestes est une mécanique de précision, artisanalement huilée et préalablement lubrifiée (enfin, ce n'est là qu'une hypothèse, mais qu'il importe de creuser). En plus, ça a un arrière-goût réjouissant de minute nécessaire de feu Monsieur Cyclopède. Voire un petit côté Marcel Duchamp sous narcoleptiques.

J'adore.

vendredi 16 septembre 2005

Veuve Tarquine au sommet

Le blog de Veuve Tarquine ne s'appelle pas Veuve Tarquine, mais De bric et de blog. Sauf que moi, j'ai pris l'habitude d'aller lire le blog de Veuve Tarquine, et que de bric et de blog, je ne m'y fais pas.

Bricablog est donc un blog propulsé par Dotclear (il parait que c'est un bon point, que ça vous pose son bloggeur, tout ça, quoi). Je m'en fous un peu, pour tout dire. Il se trouve juste que moi aussi, j'utilise dotclear. Pure coincidence, et rien jusque là qui laisse présager de l'affection immodérée que j'ai pour ce blog.

Vous ne le savez pas, mais c'est grâce à elle que j'existe. Ce blog est né de la lecture de ses billets. J'éprouvais depuis le début une sorte de passion-répulsion pour les blogs. Je sentais confusément qu'il ne s'agissait pas là que d'un phénomène de mode, que quelque chose de plus important s'y jouait, même si je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. Il m'arrivait plus souvent qu'à l'occasion de piétiner de rage, de piailler dans le vide, d'hurler à l'imposture en lisant les blogs de certains barons de la blogosphère. Les mecs se la jouaient à mort, y croyaient comme des dingues. En même temps, je les enviais d'y croire. J'ai toujours détesté autant que je les aimais les gens qui y croyaient.

J'en étais arrivé à un point de non-retour, et j'ai découvert qu'on pouvait bloguer avec talent et coeur, toutes neurones dehors, sans trop se la raconter. Veuve Tarquine est une veuve, une vraie. Une veuve très vivante qui eu son lot de drames intimes, et en parle sans jamais tomber dans l'impudeur ou la fausse intimité. Elle écrit bien, pas mieux que bien. Juste bien, et ça console. C'est finalement ce que j'aime le plus dans la vie : quand, au détour d'une rue ou d'un blog, on se découvre une fraternité avec quelqu'un qu'on ne connaissait pas cinq minutes plus tôt.

Ca fait deux mois que je la lis tous les jours. Je n'ai jamais laissé de commentaires sur son site. Je n'osais pas. Mais maintenant que moi aussi, je suis rentré dans la cour des blogs, peut-être que je vais faire mon intrépide et lui hurler ma flamme virtuelle, les yeux dans son blog.