Egoblog

jeudi 31 août 2006

Trop belle

Romane


Il y a, il me semble, deux façons de juger de la beauté de son enfant.

La méthode habituelle, épidermique et, j'ai envie de dire, normale : ma fille est belle parce que c'est ma fille. Point. Je lui dis qu'elle est belle parce que c'est ainsi que je la vois, elle aura tout le temps de se trouver laide et d'apprendre à gérer ses complexes.

La méthode objective, ultra-rationnelle : distance entre les yeux, régularité et finesse des traits, taille des appendices... etc. C'est assez injouable quand c'est votre gamine, et ça n'a finalement que peu d'intérêt. En même temps, je me souviens combien j'angoissais à l'idée d'avoir un marmot hideux, objectivement disgracieux, d'une laideur qui se voit au premier coup d'oeil et vous vaut la commisération répugnante de vos contemporains. Beurk. J'angoissais d'autant plus que j'ai toujours été très complexé : pas grand, malingre, longues jambes, petit buste, plutôt mal gaulé (mais j'ai une quequette énorme !). Mais bon, mes parents ayant été fort jolis dans leur jeunesse, et ma soeur franchement mignonne, je me réconfortais en me persuadant que le patrimoine génétique de ma gamine à venir n'était pas irrémédiablement entamé. Un vilain petit canard par famille, c'était bien le quota maximal !

En vertu de quoi, je suis bien entendu dingue de ma fille. Je suis, mais cela ne vous étonnera pas, très adepte de la première méthode (un peu trop, même. A trop lui dire qu'elle est belle, je vais finir par lui rendre un mauvais service). Mais je me surprends régulièrement à penser que même la méthode dite objective peut aller se rhabiller devant la bouille sublimissime de ma gamine.

Je sens bien ce qu'il y a de narcissique dans ces considérations. Mais j'avoue sans ambages que je m'en fous un peu.

mercredi 30 août 2006

Romane


Je viens d'apprendre à insérer une vidéo dans un blog.

C'est d'une facilité déconcertante.

Avec l'autorisation orale de la maman et la bénediction tacite de l'enfant...

vendredi 11 août 2006

Les dents de la fille

Je suis en vacances avec ma fille dans une maison louée par mes parents, à quelques kilomètres de Perpignan.

Ma fille nous use tous les trois à petit feu : coucher à 22h30, réveil à 6h00 après plusieurs crises de larmes pendant la nuit. Romane n'a jamais été une grosse dormeuse, mais depuis qu'elle fait ses dents, c'est un vrai cauchemar.

Il faut dire que la première a percé il y a à peine un mois, alors que Romane avait déjà... dix-huit mois. De mémoire de pédiatre/radiologue/stomatologie, c'est du jamais vu. J'avais un temps songé à alerter le Guiness Book, mais ma fille m'a regardé avec un regard sombre comme pour me dire qu'elle n'était pas un phénomène de foire.

Première dent à un an et demi = toutes les dents qui percent en un laps de temps très réduit. Ses nuits ne nous appartiennent plus, et nos journées sont semblables à celles de zombies ayant abusé de Lexomil.

Romane a eu des dents très tard, Romane s'est assis à 9 mois, Romane commence tout juste de marcher (à presque vingt mois !). Les pédo-psy qui se sont penchés sur son berceau certifient tous qu'elle a pris quatre à six mois de retard dans la vue à cause de ma leucémie ; plus exactement à cause de l'état de stress ambiant qui régnait à la maison.

Ce n'est pas impossible. Plus ça va, plus il m'apparaît pourtant que ma fille a hérité de l'indolence légendaire de son père.