La dame du divan
Par Ari, mardi 1 novembre 2005 à 10:23 | Mon psy | #65 | rss
Je suis retourné voir un psy depuis trois semaines. Les psys et moi, c'est un peu comme le permis de conduire : on a un long vécu commun. Petit déjà (vers quatre ans), je fréquentais cette engeance pour des raisons que j'ai oubliées, à moins que je ne souhaite tout simplement pas m'y attarder. J'y suis retourné à 16 ans, à l'âge des premières interrogations sévèrement existentielles. Un interlude express vers 22 ans (je suis resté deux mois, c'était un homme. Beurk !) puis un plus long passage sur le coup des 28 ans pour envisager, sous toutes ses coutures, les aléas de ma vie sexuelle (mais pas seulement).
Pendant que j'étais malade, un psychologue venait me voir deux fois par semaine dans ma chambre d'hôpital, mais ça ne compte pas. J'acceptais de le rencontrer moins pour ses compétences que pour passer le temps et le plaisir de le passer avec quelqu'un d'autorisé à rentrer dans une chambre stérile. Le psy de La Pitié n'était pas exactement un incapable, mais avec son masque qui lui recouvrait la moitié du visage et sa blouse trop grande pour lui, je ne l'ai jamais vraiment pris au sérieux. En plus il était aveugle, et comme j'ai la manie idiote de ponctuer bon nombre de mes phrases par un "Vous voyez ce que je veux dire ?" du plus facheux effet, il a probablement du penser que je me foutais de sa gueule. Et puis, je n'aime pas du tout les psys hommes, ça me bloque.
Cette introduction nous amène tout droit dans le cabinet du Docteur S., une psychiatre qui présente le mérite non négligeable, outre qu'elle est une femme, d'exercer à deux cent mètres de chez moi. Les trois premières séances se sont bien passées : je suis toujours aussi déprimé, mais je ne culpabilise plus. Je suis à peine moins apathique, mais je trouve ça très bien. J'aime beaucoup le Docteur S.
La dernière séance a toutefois été le prétexte d'un premier désaccord exprimé. Je lui ai dit en substance que "tout ça n'ayant globalement aucun sens, j'avais envie de retrouver ce qui m'animait avant : une logique de plaisir et de jouissance". Comme elle ne comprenait pas, j'ai continué en décrétant que construire (une carrière, un couple, une maison, un projet) me semblait plutôt frappé au coin du bon... sens, mais totalement vain. Et que partant, rien ne valait le plaisir qu'on était capable de prendre et le bien que l'on pouvait se faire. Elle m'a dit que c'était précisément là-dessus qu'il fallait que je travaille, qu'on ne pouvait pas décemment vivre une vie entière en pensant que cela n'avait pas de sens, et que c'était mon job de lui en trouver un ou plusieurs (de sens). Je résume grossièrement, mais l'idée y est.
Je suis sorti de là un peu contrarié.
PS : c'est la fête des morts, aujourd'hui demain. L'association des deux termes m'a toujours fait marrer.
Commentaires
1. Le mardi 1 novembre 2005 à 23:13, par Noon
2. Le mardi 1 novembre 2005 à 23:22, par Ari
3. Le mercredi 2 novembre 2005 à 13:54, par Falenn
4. Le mercredi 2 novembre 2005 à 13:58, par Ari
5. Le mercredi 2 novembre 2005 à 22:11, par Morticia
6. Le mercredi 2 novembre 2005 à 23:35, par Ari
Ajouter un commentaire