Romane, ma fille
Par Ari, vendredi 16 septembre 2005 à 22:47 | Ma fille | #9 | rss
Je profite que la puce dort pour bourrer un max. Dans la journée, je n'ai plus une minute à moi. Ce qui me change de mes habitudes de glandeur patenté (et même plus tenté, d'ailleurs). Ma convalescence se passe au mieux : dans les jupons de ma fille, Romane, neuf mois et encore aucune dent. Sa mère, ma chérie, a repris le travail, et je suis un père au foyer de classe mondiale. Genre je connais tous les gestes qui sauvent alors que je suis à la base un gros con de papa mysogine pas du tout prédestiné à donner le biberon, changer les couches et jouer avec les doudous. Mais voilà tout s'apprend, et le plus instructif dans l'histoire, c'est que j'aime ça.

Romane Deborah Marie, née le 19 décembre 2004.
Précisons, même si cela va de soi, que je manque dramatiquement d'objectivité sur le compte de ma fille. Elle est merveilleusement belle, cela ne fait pas un pli. Elle a une vivacité dans le regard, c'est simple, on dirait un génie. Je ne lui dis pas trop souvent, histoire de lui éviter un surcroit de pression, mais j'ai carrément les foies à chaque fois que je pense qu'elle aurait pu ne jamais exister. Outre les vicissitudes de la vie de couple (j'étais un célibataire mortellement endurci croyant au couple autant qu'à la Saint-Glinglin, je ne sais toujours pas comment j'ai réussi à attirer LN dans les mailles d'un filet aussi peu ragoutant), Romane a failli passer à travers l'incompétence d'une obstétricienne sans foi ni loi qui, la première (et dernière) fois que nous sommes venus la voir à cause d'un petit saignement, nous a dit tout de go avec un aplomb qui ne laissait aucune place au doute que l'oeuf était vide, qu'il n'y avait pas de coeur. Et, pire que tout, qu'il fallait vite fait bien fait prendre un médicament qui favoriserait l'expulsion de l'embryon non viable.
Résultat : neuf mois plus tard, Romane qui résiste à tous les médicaments supposés la décrocher, et sort comme une grande, tambouriner à la porte du monde. Avec ses petits yeux curieux et son regard incandescent. J'aime ma fille d'une façon que je ne peux pas expliquer. Je suis dingue de ce machin, j'ai toujours peur qu'il lui arrive du mal. C'est la seule au personne pour laquelle je veux bien donner ma vie pour sauver la sienne.
C'est ma pipoune à moi. Je n'avais pas anticipé (loin s'en faut) le torrent d'amour qu'elle allait déclencher en moi. C'est ma fille, ma fille, ma fille. Tiens, tout a changé ce matin, je n'y comprends rien, c'est MA FIIIIIIIIIILLE !
C'était la minute sponsorisée par Gatisme Précoce, la maladie des Papas. Pour les réfractaires à toute descendance, mon honnêteté m'oblige à confirmer que s'occuper d'un gosse, c'est quelquefois une pure tannée. Que les envies de meurtre peuvent à l'occasion apparaitre au détour d'une mauvaise nuit ou d'une patience qui faiblit. Qu'un gamin, ça vous pompe : le sang, la moelle, l'énergie, et qu'il ne vous reste plus grand chose, le soir venu, pour être un bon mari. Coup de génie : LN et moi ne sommes pas mariés.
PS : j'ai découvert récemment que Romane, à l'envers, s'écrivait enamor. En amor. En amour, en espagnol. Je ne crois ni à Dieu, ni à Diable, et encore moins aux signes. Mais c'est quand même la grande classe, ma fille.
Commentaires
1. Le dimanche 25 septembre 2005 à 19:05, par punauia
2. Le dimanche 25 septembre 2005 à 21:16, par Ari
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